Partager l'article ! L’Église et les musées se disputent le patrimoine religieux russe: La Douma examine une loi visant un large transfert de patrimoine ...
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Douma examine une loi visant un large transfert de patrimoine de l’État vers l’Église, au grand dam des conservateurs de musée
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coupole de la cathédrale Saint-Isaac : la plus grande église de Saint-Petersbourg est toujours un musée (Photo : Nicolas SENÈZE/La Croix).
«Vingt ans après la chute du communisme, presque rien n’a été rendu à l’Église… » Comme d’autres dans la
hiérarchie orthodoxe russe, le P. Vsevolod Chaplin, l’influent archiprêtre moscovite s’impatiente et espère l’adoption rapide d’une nouvelle loi. Avec pour objectif de « redonner à l’Église les
droits de propriété sur des milliers de bâtiments dont nous avons certes retrouvé l’usage mais dont nous ne sommes toujours pas propriétaires », explique le directeur du département des relations
Église-société du patriarcat de Moscou.
Une vieille revendication sur le point de se concrétiser : la Douma, chambre basse du parlement russe,
s’apprête à étudier cette fin de semaine en seconde lecture un projet de loi prévoyant un large transfert de patrimoine de l’État vers l’Église.
Il s’agit notamment d’anciennes églises et monastères qui, à l'époque soviétique, avaient été transformés en
musées. « La loi ne porte pas sur le transfert de propriété des icônes mais sur celui des seuls bâtiments », prévient le P. Vsevolod Chaplin. Tout en ajoutant : « Des icônes nous sont revenues
mais sous la forme de prêt. Nous voudrions un véritable transfert de propriété. Mais ce n’est pas possible dans un futur proche… »
«Les œuvres risquent de mourir»
Car, au-delà du projet de loi, les velléités de l’Église ont suscité une vive émotion dans les milieux artistiques. « Les bâtiments peuvent revenir dans le patrimoine de l’Église mais pas les œuvres car elles risquent de mourir », prévient Olga Popova, professeur d’histoire de l’art.«Un large transfert de propriété serait un dangereux premier pas»
L’Église voit un autre avantage au transfert : il permettrait d’exposer davantage d’œuvres. Car nombreuses sont celles à rester entreposées, faute de place, dans les salles fermées au public. Un stockage qui, plus ou moins surveillé, a pendant longtemps permis aux plus affairistes des employés de musée de profiter de la forte demande en icônes sur le marché noir.|
Benjamin QUENELLE, à Moscou |
